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Nr. 5.2.2.03

Le Commerce extérieur de l´Allemagne.

Bericht

Regest:

Der italienische Ökonom Costatino Bresciani Turroni, der u. a. 1937 eine wichtige Theorie der Inflation am deutschen Beispiel 1914–1923 veröffentlichte, kannte die deutschen Verhältnisse gut. Vor dem Ersten Weltkrieg hatte er in Berlin Volkswirtschaftslehre studiert. Als Finanzfachmann im Dienste der Reparationskommission konnte er auf zahlreiche Kontakte und Ansprechpartner aus dieser Zeit zurückgreifen, um der Kommission ein differenziertes Bild der Lage der deutschen Außenwirtschaft zu liefern. Bemerkenswert ist dabei, als wie gering er die Möglichkeit einer Stabilisierung der deutschen Währung im Jahr 1920 einschätzt - zu einem Zeitpunkt, als zumindest Teile der historischen Forschung eine solche Stabilisierung noch für möglich hielten. Interessant ist auch, wie stark sich die deutsche Außenwirtschaft nach Aussage von Bresciani Turroni im Herbst 1920 nach Osteuropa und Russland orientierte, obwohl sich die dortigen Märkte zu diesem Zeitpunkt oftmals durch hohe Zollmauern abschotteten.

BUREAU D' INFORMATIONS DE LA

COMMISSION DES RÉPARATIONS

SECRÉTARIAT GENERAL

Berlin, le 27 Septembre 1920.


Le Commerce extérieur de l´Allemagne.

(Suite à la note 102/I du 15-9-20)

On continue à constater des tentatives faites par les Allemands pour rétablir le commerce extérieur. On annonce qu’une commission partira prochainement d’Augsbourg pour la Serbie pour proposer la livraison de machines agricoles contre des produits agricoles.

La Russie et les "Randstaaten" continuent à occuper l’attention des commerçants allemands, car 1‘opinion est très répandue "que l´avenir économique de Allemande est dans l´Est." Il semble que ce soient particulièrement des maisons de Hambourg qui tâchent de reprendre les relations avec la Russie (par exemple la maison Jordan & Berger- "Hamburger Fremdenblatt" 16-9-20). On espère que l´"Ostmesse" de Königsberg, qui a été ouverte hier 26 septembre, favorisera la reprise des relations avec la Russie, la Lithuanie, l’Esthonie. Elle sera visitée par des représentants de tous les Etats de l’Est.

Le "Berliner Tageblatt" observe à ce propos que cette "Ostmesse" sera le premier pas dans l´exploitation commerciale de l’Est - en outre elle devra faire de Königsberg un centre économique et de civilisation "qui illuminera de ses rayons les Etats de l’Est".-

Une banque allemande a été créée à Kowno. Elle est soutenue par une des grandes banques berlinoises.

Suivant le "Börsen Courier" du 23-9-20, le gouvernement de la Lituanie aurait entamé des conversations avec de grandes maisons allemandes pour obtenir des livraisons de locomotives.

Les journaux annoncent une prochaine "Überseewoche" à Hambourg, qui aurait le but de montrer l’importance de cette ville dans le commerce extérieur.

Le commerce avec la Finlande se heurte à des difficultés. -Le professeur Sering, l’éminent économiste de l’Université de Berlin, m’a dit qu’il s’y rendra prochainement pour y tenir une série de conférences.-

Sur les perspectives du commerce avec l’Espagne, voir le Hamburger Fremdenblatt du 17-9-20.

Suivant 1´"Industrie und Handelszeitung" du 23 septembre 1920, les relations commerciales avec la Roumanie se développent lentement. Le Journal note l´importance pour l’Allemagne du marché de ce pays, dont le teritoire a doublé par suite de la guerre et qui compte maintenant 17 millions d’habitants.

Suivant le Börsen-Courier du 25-9-20, les perspectives de 1’industrie allemande des couleurs et des produits chimiques seraient très bonnes en Extrême-Orient. Sur le marché chinois, en particulier, la position de 1´industrie allemande des colorants n’a pas été affaiblie par la guerre.

"L´Industrie und Handelszeitung" du 21 septembre après un examen des statistiques commerciales étrangères, conclus - ainsi qu’aurait constaté notre Bureau dans la rapport du 15 septembre - que "la balance commerciale allemande s'est amolierée lentement, depuis la reprise du commerce extérieur...... pourtant la balance passive est encore très forte et cela est la preuve des conditions malsaines de l´économie allemande".

A ce propos la "Frankfurter Zeitung" du 24 septembre critique sévèrement le gouvernement allemand qui ne publie pas les chiffres de la statistique commerciale. Mais il ne s’agit pas seulement de celle-ci; même les autres statistiques économiques manquent, de façon qu’il n'est pas possible de se former un jugement sur les conditions actuelles. Monsieur Borkiewicz - professeur de statistiques à l’Université de Berlin - me faisait observer là-dessus, que me les méthodes d´élaborationdes chiffres sont parfois très discutables ou tout à fait fausses. Il me donnait des exemples caractéristiques.

Il faut se demander si: ce manque de statistiques est dû à la désorganisation de l’administration, ou s´il correspond à un plan voulu ?

Monsieur Wiedenfeld - Directeur de la Aussenhandelsstelle du Auswärtiges Amt - justifiait le gouvernement pendant une visite que je lui ai faite dernièrement, disant que les chiffres allemands du commerce extérieur n’avaient aucune valeur à cause du "trou dans l’Ouest".1 – Mais c´est là évidement une opinion exagérée (On apprend par les journaux de ce matin que le gouvernement allemand à présenté ces chiffres à la Conference de Bruxelles.2).

Cédant aux réclamations des exportateurs et à la suite des décisions de la Commission Economique du Reichstag, le Reichswirtschaftsministerium s’est décidé à adoucir le système des taxes d'exportation. On admet l’exemption provisoire de toutes les marchandises, dont la vente à l’étranger au mois d’août a été au-dessous de la moitié de la moyenne des ventes entre août 1919 et juillet 1920. Une liste des marchandises qui rentrent dans cette catégorie a déjà été établie conformément aux déclarations faites au Conseil Economique National.

En outre, le gouvernement doit mettre en application un système de tarif de taxes à échelle3, tarif qui prévoit des augmentations ou des diminutions du taux réduit par le C. E. N.; ces variations doivent être calculées selon la hausse ou la baisse du mark, selon l’amélioration ou l’aggravation des conditions d'exportation, selon le degré d'activité de l´industrie. En outre il y aura à prendre en considération l’importance des matières premières étrangères entrant dans la composition de ces marchandises. L´application technique de ces mesures doit être assurée de façon qu'elle puisse se faire simplement que possible par les "Aussenhandelsstelle".

Dans 1’organisation du système du tarif à échelle mobile, il faut surtout faire en sorte, pour les matières premières, les produits mi-fabriqués et les autresproduits faits en série, que par la reprise d’une partie proportionnelle du bénéfice résultant simplement du change ("Valutagewinn") le niveau des prix intérieurs garde plus de stabilité.

"En enlevant aux commerçants les bénéfices exagérés résultant du bénéfice au change, ces taxes devraient les empêcher de se consacrer exclusivement au commerce d’exportation ou de ne vendre à l´intérieur du pays qu’aux prix pratiqués pour l´étranger. A l’avenir ces gains au change doivent être encore imposés, car ils constituent un danger pour les prix - à 1´intérieur du pays - de toutes les marchandises dans la fabrication desquelles les matières premières indigènes entrent pour la totalité ou pour la plus grande partie".

Comme on voit, le système qui a été introduit est encore plus compliqué qu’auparavant. - Décidément la "Ausfuhrburokratie" ne veut pas que son influence sur les affaires économiques diminue. Il semble très improbable, à juger par les résultats qu’elle a donnés jusqu’à présent, qu’elle puisse réussir à établir avec rapidité et précision les taxes d’exportation, en tenant compte d’éléments aussi complexes et difficiles à fixer tels que les conditions des marchés extérieurs et de 1’industrie nationale, la quantité de matières premières étrangères englobée dans les articles exportés, etc..

Comment sera traitée la majorité des marchandises du commerce d’outre-mer, se demande l´"Industrie und Handelszeitung" ? On ne peut pas leur appliquer l´échelle mobile, car des modifications mensuelles ou bi-mensuelles du tarif rendraient impossible un calcul régulier des prix de toutes ces marchandises, d’autant plus qu’il s´écoule souvent des mois entre l´offre, la commande et la livraison. II en est de même pour l´exécution de gros travaux outre-mer, la construction de ponts par exemple; la commande, d’exécution et le paiement peuvent durer des années. On s´est accordé pour traiter séparément ces sortes de marchandises ou d’affaires; mais on ne sait pas encore de quelle façon. La détermination de la marche à suivre et la fixation de la taxe zéro - c’est-à-dire du taux de change à partir duquel des taxes d’exportation commencent à entrer en jeu - offriront les plus grandes difficultés lors des prochaines discussions.La politique suivie à l´égard des exportations est justifiée par la gouvernement allemand. - comme me disait M. Wiedenfeld - surtout pas ces considérations; L´Allemagne produit peu et exporte peu à présent, tandis qu’elle devrait importer des quantités énormes de marchandises. Mais elle ne peut pas les payer. Par conséquent, elle doit mettre en valeur ses exportations, et ne pas les gaspiller en permettant qu'elles soient jetées sur les marchés étrangers et vendues à des prix excessivement bas, grâce à la dépréciation du mark.

Mais il faut observer que l´application pratique de ce principe a conduit jusqu’à présent à des conséquences très nuisibles pour le commerce allemand d’exportation.

La politique économique du gouvernement allemand paralyse évidemment, selon mon avis, l’action des forces économiques qui auraient la tendance à rapporter l’équilibre dans la balance commerciale, et par conséquent, à relever la valeur du mark sur les marchés monétaires mondiaux. La dépréciation de la monnaie, en conséquence de l’excédent des importations sur les exportations, tend à stimuler ces dernières, grâce aux gains que peuvent faire les exportateurs: c´est là une correctif tout naturel. En empêchant à ce correctif d’agir, - en vue d’empêcher soit aux exportateurs nationaux de gagner trop, soit aux acheteurs étrangers d’acheter trop bon marché - le gouvernement allemand ne fait que prolonger l’état de crise dans laquelle - le se trouve à présent l´industrie.

Sur la question du change, en relation avec les exportations et les importations, j’ai eu des conversations avec des savants allemands - particulièrement avec M. Bortkiewiecz -. Voilà en résumé le résultat de ces conversations:

1) 1´idée de stabiliser le change allemand au niveau du pouvoir actuel d’achat du mark dans le marché intérieur est tout à fait raisonnable. Du point de vue théorique le problème admet parfaitement une solution. C’est, comme on sait, la proposition de Monsieur Cassel.

2) Mais comment déterminer pratiquement le pouvoir d’achat du mark ? On de-vrait dresser des index-numbers des prix, et on sait que les économistes et les statisticiens discutent depuis des dizaines d´années sur cette question, sans avoir trouvé une solution satisfaisante et acceptée par tout le monde.

3) Pour stabiliser le mark, il faudrait pouvoir absorber les milliards de marks qui se trouvent à l´étranger et on ne croit pas que ce soit possible.

4) Il faudrait garantir la convertibilité du mark-papier dans une certaine quantité d’or, qu’elle que ce soit. Mais cela est impossible tant que la balance commerciale est fortement passive. Au moins il faudrait limiter rigoureusement les émissions futures de papier-monnaie. Peut-on admettre que cela soit possible, dans les conditions actuelles du budget allemand ?

5) En somme, on ne peut penser, pour le moment, à la stabilisation du mark, qui se heurterait à des difficultés insurmontables. La stabilisation du mark ne peut être d'ailleurs la conséquence d´une mesure financière; elle s´établira peu à peu grâce au relèvement graduel de la vie économique allemande, à l’augmentation de la production, à l’essor de 1´exportation, etc…, car le change n’est que le symptôme et la conséquence des conditions économiques générales.